Mon chien ne revient pas quand je l'appelle !

Et si vous étiez votre chien, vous, vous reviendriez ?golden_retriever_en_liberte

Très souvent, le chien qui ne répond pas à l’appel de son propriétaire, constate que celui-ci, voire, toute la famille, de peur de perdre son compagnon à 4 pattes, se met à courir après lui.  Voilà qu’il peut emmener toute sa meute familiale là où bon lui semble. Un vrai bonheur, à répéter le plus souvent possible ! 

Dans d’autres cas, le maître est tellement furieux de voir son chien lui désobéir, que le chien sait que lorsqu’il se laissera rejoindre, ce sera pour recevoir une bonne raclée.  Le voilà très motivé pour s’éloigner plus vite encore de son « agresseur ».

Pour que le chien ait « un bon rappel » plusieurs bases sont nécessaires.

  •  Le lien, l’attachement,  qui relie le chien à la personne qui le rappelle doit être fort. 
  • Vous reviendriez rapidement, vous, si c’est un voisin ennuyeux qui vous appelait ?
  •  Le chien doit être convaincu que la rencontre entre lui et son maître, sera un moment agréable.  Vous reviendriez, vous, si quand vous arriviez près de votre maître, il accrochait une ficelle à votre cou et commençait à tirer fort sur celle-ci ?
  •  Le chien doit reconnaître la personne qui l’appelle, comme une personne de référence de son entourage.  Vous reviendriez, vous, si votre neveu de 10 ans exigeait que vous quittiez immédiatement ce que vous êtes en train de faire pour vous asseoir près de lui ?

Voilà présentées, en quelques courts exemples, des situations qui font que, trop souvent, votre chien n’a aucune bonne raison de revenir quand vous l’appelez.

Un « bon rappel », cela s’apprend, se travaille, s’entretient.

Par où commencer ?

Lorsque votre chien est calme près de vous, ignorez-le durant deux, trois minutes puis, dites son nom, reculez de quelques pas en tendant vers sa truffe uneJeune_fille_effectuant _un_rappel friandise qu’il apprécie beaucoup (un reste de jambon, une croute de fromage, un nic-nac…).  Ne lui donnez pas tout de suite, la friandise !  Prenez le temps de caresser votre chien sous la tête, de tenir son collier tout en le caressant, avant de renforcer le plaisir de revenir vers vous en lui donnant son « bonbon ».  Ne vous transformez pas en distributeur de bonbons ! La friandise, c’est la cerise sur le gâteau de votre contentement qui doit s’exprimer par votre attitude, votre voix, des caresses (des « choses » que vous aurez toujours avec vous).  La friandise, elle, doit apparaître de manière occasionnelle.

Ne cherchez pas à attraper votre chien, au mieux, cela fonctionnera quelques fois puis votre chien s’arrêtera hors de votre portée.

Ne marchez pas dans la direction de votre chien, reculez et faites-le venir à vous.

Si vous faites cet exercice, quelques fois par jour, quand le chien entendra son nom, il se précipitera pour recevoir l’expression de votre contentement.  Lorsque le chien réagit à votre appel, faites durer quelques secondes le moment de récompense et puis « libérez » votre chien en lui disant par exemple « Va ! ».  Ne le laissez pas s’éloigner de vous sans votre accord.   

Cet exercice ne fonctionnera que si vous avez le bon sens de ne pas parler à longueur de journée à votre compagnon et, bien évidemment, de ne pas lui donner des friandises chaque fois qu’il vous regarde tendrement.

Évitez aussi de l’appeler toutes les 5 minutes, il se lassera.

Si votre chien ne vous accorde pas d’attention quand vous l’appelez, c’est que vous avez perdu votre baguette de chef d’orchestre au sein de votre meute, que c’est votre chien qui prend les initiatives et que vous réagissez seulement à ce qu’il fait.

Dans ce cas, faites l’exercice ci-dessus, dans un premier temps, uniquement quand votre bras est « allongé » par une laisse ou une cordelette.  Si le chien joue à être « sourd », à vous ignorer, évitez de vous fâcher, ne criez pas,  faites une petite traction sur la laisse juste après que vous l’ayez appelé, reculez et effectuez l’exercice décrit plus haut en le félicitant tout autant que s’il était venu spontanément. 

Entre la sensation de traction et la récompense près de vous, le chien finira par choisir vos félicitations.

La prochaine fois, nous parlerons de la manière d’étendre cet apprentissage de base à des situations où surgissent des motifs de distraction.

Myriam Slegten, bénévole d’Activ’Dog    (www.activdog.be )

Article paru en septembre 2011 dans le bulletin communal officiel d'Houyet n° 83

Article précédent  Article suivant